L’escrime

L’escrime est un sport de combat européen, l’équivalent occidental des arts martiaux orientaux. Il s’agit de l’art de toucher un adversaire avec la pointe ou le tranchant (estoc et taille) d’une arme blanche sur les parties valables sans être touché.On utilise trois types d’armes : l’épée, le sabre et le fleuret. Ces trois armes sont mixtes : épée féminine et masculine, fleuret féminin et masculin et sabre féminin et masculin. Les épreuves sont individuelles ou par équipes. Elles sont donc au nombre de douze.

L’escrime est l’un des très rares sports où le français est la langue officielle. Chaque pays utilise sa langue pour les compétitions nationales, mais dès que la compétition devient internationale, le français est obligatoire pour l’arbitrage. « En Garde ! Prêts ? Allez ! Halte ! … ». L’arbitre dispose en plus d’un code de signe pour expliquer chaque phrase d’armes.

L’escrime artistique

Loin de la notion d’opposition propre à l’escrime sportive, l’escrime artistique (aussi dite escrime de spectacle) mise sur le partenariat. Ensemble, les partenaires construisent une passe d’armes esthétique simulant un combat à la rapière, l’épée médiévale, fleuret, épée de cour… L’escrime artistique est une activité proche de la cascade et de l’art (comédie, expression corporelle, théâtre, cinéma…).

L’escrime artistique est une simulation de combat et contrairement à l’escrime sportive, la touche est évitée. La passe d’arme doit faire illusion et doit être crédible. C’est pourquoi les techniques, qui diffèrent selon les armes choisies, s’inspirent d’anciens traités d’escrime, mais sont retravaillées à la fois pour des motifs de sécurité et de lisibilité par le public. L’escrime est un sport ou un art ambidextre, il faut pouvoir utiliser aussi bien sa main droite que sa main gauche.

L’escrime artistique est utilisée au théâtre, au cinéma et dans les spectacles vivants. Le cinéma permet de multiplier les angles de vue et d’accélérer le combat par le jeu du montage. Il autorise la répétition du geste. Théâtre et spectacle vivants ne permettent pas l’erreur et imposent une préparation très rigoureuse. Un numéro de quelques minutes demande des mois de préparation et d’entraînement. Paradoxalement, il est incomparablement plus difficile de monter une séquence pour le théâtre ou le spectacle de rue : le cinéma permet les reprises et le jeu des prises de vue cache la faiblesse des comédiens.

L’épée

L’épée moderne a été inventée au XIXe siècle afin de se battre en duel. C’est une arme d’estoc uniquement. Dans les siècles précédents, on utilisa à partir du XVIe siècle : la rapière. La rapière a d’abord évolué en épée de cour sous Louis XIV.
L’action offensive de cette arme s’exerce donc par la pointe et par la pointe seule. C’est une arme plus lourde — 770 g pour une longueur de 110 cm maximum — et moins flexible que le fleuret, et sa lame est de section triangulaire. La surface valable comprend tout le corps du tireur, y compris ses vêtements et son équipement.

Lorsque les deux tireurs sont touchés simultanément, et que l’appareil enregistre valablement ces deux touches, il y a ce qu’on appelle un « coup double », c’est-à-dire un point pour chacun.

Cette arme est dite « non conventionnelle » car elle n’obéit pas à des règles de priorité comme le fleuret et le sabre : les conditions et les règles du combat sont donc très similaires à celles des anciens duels.

Éric Srecki, épéiste émérite, définit l’épée ainsi :

L’épée, c’est l’arme où les phases d’attente, de préparation sont les plus longues ; l’observation de l’adversaire peut sembler « s’éterniser » lorsqu’on est néophyte, mais il s’agit en fait de contourner la défense de l’adversaire et de s’engager dans la faille (…) C’est donc l’arme de la patience, où les nerfs sont mis à rude épreuve.

Le sabre

Le sabre est une arme d’estoc, de taille (coup porté avec le tranchant de la lame) et de contre-taille (coup porté avec le dos de la lame); les coups du plat de la lame sont aussi valable. C’est une arme conventionnelle comme le fleuret : le sabre répond aux même règles d’engagement (conventions) que le fleuret, donnant la priorité à l’attaquant, et de même légèreté — 500 g pour une longueur totale de 105 cm maximum. En cas de touches simultanées, l’arbitre décide d’accorder la priorité à un des tireurs, ou à aucun des deux. Cette priorité dépend de la « phrase d’arme » et des conventions du sabre. La surface valable pour le sabre est tout ce qui se trouve au-dessus de la taille (à l’exception des 2 mains), car cette arme nous vient de la cavalerie, et qu’il était dans ce cas très difficile de toucher en dessous de la taille. Au sabre, comme au fleuret, il est strictement interdit de substituer une surface valable par une surface non valable. Contrairement au fleuret et à l’épée, les passes avant (croisement des jambes en un rapide mouvement vers l’avant) sont interdites (elles étaient autorisées mais ont été supprimées du fait que les déplacements des sabreurs se rapprochaient trop de la course).

Le sabre est une arme dont les assauts sont très difficiles à suivre par des néophytes, la priorité donnée à l’attaque associée à la relative facilité pour toucher son adversaire rendant les combats très rapides.

Jean-François Lamour, sabreur émérite (il a été deux fois Champion Olympique à l’épreuve individuelle, à Séoul et Los Angeles, puis Champion du Monde individuel) et ancien Ministre des Sports, définit d’ailleurs le sabre de cette manière :

« Assaut » est certainement le mot qui convient le mieux à la discipline du sabre. Plus qu’au fleuret ou à l’épée, c’est dans cette arme que l’escrimeur se trouve dans la nécessité de fondre sur son adversaire en ayant, par feinte et préparation interposées, préparé le geste final.

Il n’y a donc pas ou peu de repos pour le sabreur (…) Adaptation et explosion, voilà ce qu’un sabreur doit toujours avoir en tête quand il monte en piste.

La surface valable correspond à tout ce qui se situe au dessus de la ceinture (tronc, tête et bras). Le sabre étant une arme électrique, le tronc et les bras sont recouverts d’une veste conductrice. La tête est protégée par un masque conducteur et le poignet et la moitié de l’avant bras d’une manchette elle aussi conductrice. Ces trois éléments sont reliés électriquement à l’appareil de contrôle des touches. Le contact entre la lame de l’adversaire et l’un de ces trois éléments provoque l’activation d’une lampe verte ou rouge en fonction de la place du tireur.

Le sabre est une arme d’estoc, de taille et de contre taille. Les coups sont donc portés par le tranchant, le plat ou le dos de la lame. Le sabre a une longueur maximum de 105 cm pour un poids n’excédant pas 500 grammes.

La lame (2) fait 88 cm de long. Elle est quadrangulaire avec une taille minimum de 4 mm sur 1.2 mm. L’extrémité de la lame (le bouton)(1) est recroquevillée sur elle-même afin de ne pas être dangereuse. La lame peut être (au choix du tireur) courbée. Cette courbure doit être continue et ne pas dépasser une flèche de 4 cm.

La garde du sabre est composée de trois éléments : la poignée (5), le pommeau (6) et la coquille (ou capuce au sabre) (3). La coquille diffère largement de celle employée au fleuret et à l’épée. Elle enveloppe la main armée afin de la protéger des coups (la main armée n’est plus une surface valable). La coquille fait au maximum 15 cm sur 14 cm.
Cet article vient de Wikipedia.

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